Google+

Interview de Thierno S.M.Tall

Interview de Thierno Seydou Nourou Mountaga TALL, Imam Ratib de la Mosquée Cheikh Oumar Foutiyou TALL

Thierno Seydou Nourou Mountaga TALL est le 4ème fils de Feu Thierno Mountaga TALL. Ce dernier, au soir de sa vie, l’a intronisé Imam de la Mosquée omarienne. D’une aisance remarquable dans l’expression, il répond ici aux questions de la rédaction.

Comment est venue l’idée de la Ziarra Thierno Seydou Nourou Tall ?

La première édition de la Ziarra a eu lieu en 1979 à l’initiative de Thierno Mountaga, qui a rassemblé tous les fidèles Hal Poular chez Thierno Seydou Nourou Tall. Ensuite, après la disparition de celui-ci, le Khalife Abdoul Aziz SY Dabakh (RTA) a ordonné à Thierno Mountaga de faire la Ziarra Thierno Seydou Nourou Tall à chaque anniversaire de son rappel à Dieu. Mais avant cela, des notables de la famille, les AHBAB Cheikh Omar (les Amis de El hadji Oumar), se sont réunis pour faire acte d’allégeance à Thierno Mountaga et de lui faire une Ziarra, ce qu’il a tout de suite poliment refusé. Ces notables, avec le soutien de Thierno Omar Tall, jeune frère de Thierno Mountaga, reviendront à la charge et obtiendront gain de cause avec comme seule condition fixée par Thierno l’aval de Serigne Abdoul Aziz SY, qui finalement proposera la date à laquelle la Ziarra se tient habituellement, c’est-à-dire le 25 janvier. Entre temps, les dignitaires de la famille avaient fini d’introniser Thierno Mountaga comme Khalife Général de la famille omarienne, non sans difficultés car Thierno soutenait, â juste titre, qu’il avait des aînés vivants comme Thierno Madani TALL de Ségou, qui l’a enseigné ou son oncle Khoureich entre autres.

Qui ont été les pionniers de l’organisation de cette Ziarra ?

Ils sont nombreux ceux là. Nous en citeront quelques un comme Feu Ousmane Gadio, qui a été le premier Président de l’Association AHBAB, Moussa Tall, Ibraaly Sy, Habibou Datt, Secrétaire Général, Souleymane Wone etc…

Je rappelle que ces pionniers cotisaient à l’époque une somme de 10.000 FCFA individuellement pour la participation aux frais d’organisation.

Justement par rapport à cette organisation, quels sont vos moyens de financements actuels ?

Aujourd’hui, toute l’organisation est gérée par l’Association AHBAB Cheikh Omar. Cela requiert des moyens colossaux et nous sommes aidés en cela par les participations financières de tous les membres. Il faut juste rappeler que des milliers de foutankés effectuent le voyage à Dakar pour les besoins de la Ziarra et tous étaient entretenus et logés au frais de Thierno Mountaga. C’est à la suite que les ÂHBAB l’ont déchargé en prenant une grande partie des dépenses. Aussi, de bonnes volontés et des amis de la famille viennent en appoint sans compter bien sûr l’Etat qui joue aussi sa partition comme lors des différentes fêtes religieuses. C’est l’occasion de leur adresser nos remerciements.

Comment le programme est-il décliné cette année ?

A côtés des prières et des récitals de coran, des causeries seront animées tout au long de la Ziarra Ces causeries traiteront de l’enseignement et de l’héritage de Thierno Seydou Nourou et de Thierno Mountaga Tall. Il faudrait que les conférenciers puissent faire bénéficier aux fidèles cet enseignement, à travers les hauts faits historiques, la foi, l’engagement, la dévotion sans limite en Allah (SWT) de ces deux illustres guides. Que tous les fidèles repartent de la Ziarra avec le coeur plein de réconfort, mais aussi la tête pleine d’enseignements. Voilà le sens et l’esprit de la Ziarra.

La ligue des Oulémas (RABITA) que Thierno a mise en place ne pourrait-elle pas fédérer ces causeries en une publication à la fin de la Ziarra ?

Effectivement, à coté des AHBAB, RABITA constitue la branche spirituelle de la Ziarra. Maintenant leur symbiose constitue l’essence de la Ziarra. D’aucuns soutiennent que les ziarras ne sont pas prévues par la charia, voire qu’elles étaient à la limite illégales. Mais, il n’en est rien. Bien au contraire, on doit profiter de l’événement pour expliquer le fondement d’une telle manifestation et tout le bénéfice qui en résulte pour l’individu, pour la société. En cela, les Rabita peuvent jouer ce rôle de production scientifique en utilisant les canaux de communication les plus modernes comme l’internet et les autres médias.

Venons-en à la famille omarienne qui est considérée comme une famille calme, pourquoi vous ne faîtes pas autant de bruits que les autres familles religieuses ?

Ce calme est lié à une vertu, une tradition d’éducation. C’est un calme plutôt serein rempli d’humilité. Tous les actes posés par la famille le sont dans la voie de Dieu. Faire partie de Cheikh Omar ou alors comprendre sa mission est un sacerdoce et impose certaines exigences. Ceci nous amène à faire beaucoup attention à nos agissements afin de ne pas nous éloigner du chemin que nous a indiqué Cheikh Omar, c’est-à-dire, le chemin de Dieu. Donc ce calme est plus une introspection spirituelle qu’une absence de bruits. Et Cheikh Omar dit que « dans la vie, l’on ne doit faire que des choses essentielles », dès que l’on transgresse cette position, on risque de sortir de la Voie, du cadre de la Charia.

C’est peut-être ce calme qui vous a valu d’être choisi comme Imam de la Mosquée. Comment l’avez-vous été ?

A vrai dire ça ne m’a jamais traversé l’esprit car c’est une lourde responsabilité. Mais à cause des confusions liées à l’apparition lunaire à l’occasion des grandes fêtes religieuses, Thierno Mountaga prit la décision de me faire diriger les prières de Eid. Aussi, à l’occasion de l’ouverture de la grande mosquée, il me confirma comme l’un des Imams de cette mosquée. Depuis, je l’assume en toute responsabilité en m’adressant aux fidèles avec la plus grande ouverture, mais aussi en collant avec l’actualité.

Est-ce que cette charge a changé votre quotidien ?

Aucunement. Je l’assume avec beaucoup d’humilité comme tout imam. Non, ma vie n’a pas changé, seulement la responsabilité a augmenté.

Evoquons à présent le Khalifat de la famille omarienne. Il y’a eu quelques difficultés à la disparition de Thierno Mountaga. Ces équivoques sont-elles levées ? L’unité de la famille a-t-elle été désarçonnée ?

Oui le problème venait du fait que certains voulaient s’immiscer directement dans l’héritage de Thierno Mountaga. Il a initié et entretenu, seul, beaucoup d’actes tels que le Maouloud de Halwar, la Ziarra de Thierno Seydou Nourou, la Khadaratoul Diouma au Mausolée actuel, la construction de la Mosquée etc. Aussi, Thierno a été le seul Khalife général de la famille omarienne, avec l’onction de tous les Tall. Même Thierno Seydou Nourou avec tout ce qu’il a représenté ne l’a pas été. Il était donc important qu’après sa disparition que toutes ces entreprises qu’il a initiées, seul, soient perpétuées par nous ses enfants comme il est d’usage dans toute famille, afin d’éviter une dispersion.

Il est évident qu’à chaque fois qu’un guide disparaît, sa succession reste problématique. Le prophète, avec toute sa grandeur n’y a pas échappé. Mais tant que chacun garde la maison de son père, le problème ne se posera pas d’autant plus que le Congrès des Tall a, dans un décret publié, figé les positions des uns et des autres. Heureusement que Thierno Bachir Tall avec toute son érudition a compris les choses et a demandé à chacun de préserver les acquis de son père.

Sur un autre registre, quel message délivrez-vous aux jeunes à l’occasion de la Ziarra de cette année ?

Mon message portera sur la crise des valeurs et l’errance spirituelle actuelle des jeunes dans la religion. Beaucoup de jeunes sont détournés de la bonne voie. Qu’on leur fasse découvrir l’Islam authentique. Cela peut se faire à travers la Ziarra. En enseignant les comportements des deux guides pour lesquels on fait aujourd’hui la Ziarra, les jeunes en tireront tout le bénéfice nécessaire. C’était des gens courageux, sincères incorruptibles, déterminés, pleins de dignité et d’honneur. Pour l’anecdote, Thierno Seydou Nourou Tall n’a jamais cédé aux menaces de déportation à Madagascar de la part de Biaise Diagne, lui opposant un courage inébranlable. Tous leurs actes avaient comme fondement la foi en Dieu et la quête de savoir. Donc aux jeunes, je demande aussi de se cultiver afin de participer plus tard aux instances de décision. Thierno Seydou Nourou durant sa vie recommandait même aux jeunes (ainsi qu’à son neveu Thierno Omar Tall) de s’investir en politique, avec de bonnes valeurs, afin de défendre la Cité ; tout ceci avec en ligne de mire une foi inébranlable.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Acheter une oeuvre,faire une action,apprenez,Posez,Répondez aux questions,Poster un article,participez au forum!

https://www.facebook.com/webmasterelhadjomartall

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site