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Histoire

Toucouleurs

Les Toucouleurs ou Haalpulaaren ou foutankobé (foutanké au sing.), constituent un peuple d’Afrique de l'Ouest vivant principalement dans le nord du Sénégal où ils représentent 13 % de la population, dans la vallée du fleuve Sénégal, en Mauritanie et au Mali.

Même s'ils sont souvent présentés comme un groupe ethnique, il ne s'agirait pas, selon l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, d'une ethnie, mais plutôt « d'un ensemble culturel assez homogène (islamisé et foulaphone, c'est-à-dire parlant peul)

Les recherches du scientifique Cheikh Anta Diop et d'autres, ont prouvé qu'à l'origine les Toucouleurs, dont le réel ethnonyme est celui de Tekrouri, sont originaire de la vallée du Nil. D'où le nom de Tékrour de la terre où ils se sont installés. Malgré les métissages très poussés, il y a bien une souche purement Toucouleurs (Tekrouri). Les Toucouleurs sont à l'origine de l'ancien royaume de Tekrour. Leur nom français est une déformation du nom de ce royaume. Les Toucouleurs se sont par la suite métissés avec les Peuls et Sérères, mais ils se sont aussi mélangés à d'autres ethnies : Wolofs, Bambaras, Maures, etc. Les Toucouleurs ont créé l'État du Fouta-Toro avec les Peuls, ainsi que le royaume du Boundou au Sénégal. On trouve également quelques familles Toucouleurs au Fouta-Djalon. les Toucouleurs étaient présents au Cayor, royaume wolof, dans la province du Ndiambour, et au Saloum où ils sont arrivés par vagues successives en partant du Fouta-toro, au milieu du XVe siècle, sous la conduite de Ali Elibana Sall, puis à la fin du XVIIIe siècle.

El Hadj Oumar Tall a fondé un empire toucouleur au XIXe siècle sur une partie de l'actuel Mali. Animistes à l'origine, les Toucouleurs ont été convertis à l'islam par les Dyula d'origine mandingues, eux mêmes convertis pacifiquement par les commerçants musulmans arabo-berbères venus commercer avec l'empire du Wagadou, au XIe siècle. Les Dyula tenaient le rôle d'intermédiaire entre les commerçants Arabo-berbères, et les ethnies noires . Ils ont plus tard participé à la guerre sainte que les Almoravides menaient contre l'empire du Ghana. Les toucouleurs avec leur prosélytisme religieux, allaient par la suite devenir parmi les plus grands propagateurs de l'islam en Afrique de l'ouest, par le biais du Djihad. Au fouta-toro, les toucouleurs commercèrent leur prise de pouvoir à partir de l'année 1776, qui marque le début de la révolution torodo, avec les marabouts Souleymane Baal et Abdoul Kader Kane, tous deux formés au cayor. Abdoul Kader, connut une grande défaite militaire, en allant combattre les Tiédos dirigés par Damel Cayor, Amari Ngoné Sobel Fall, il fut retenu captif à sa cour pendant de nombreux mois avant d'être relaché. Abdul Kader, premier Almamy du fouta-toro, délivrera cette Etat du joug incessant des Maures.

Au milieu du XIXe siècle, Maba Diakhou Bâ, de père Toucouleur, et de mère wolof originaire du Royaume du Saloum, sous les recommandations de El Hadji Oumar Tall, mena une guerre sainte au saloum, et réussit à en annexer les diverses provinces. Il prit par la suite le titre de Almamy du Rip, sa province d'origine, ou il fonda la ville de Nioro du Rip. Il meurt en allant combattre les sereres animistes du Royaume du Sine, dirigés par le bour sine, Coumba Ndoffene Diouf.

Population

Proches des Peuls, ils s'en différencient essentiellement par leur sédentarité. Les Toucouleurs sont trés majoritairement musulmans. Ils sont à l'origine de l'islamisation du Sénégal, avec les Mandingues. La langue parlée est le peul du Fouta-Toro. Ils se nomment eux-mêmes Haalpulaaren, ce qui signifie « qui parle le pulaar », la langue peul. Leur langue présente toute fois de légères différences avec d'autres dialectes de la langue peul.

Mêmes si les méthodologies ont été différentes, plusieurs enquêtes permettent de tenter une évaluation du nombre de Toucouleurs au Sénégal. En 1921, un recensement en dénombre 146 657[2], soit 14,22% de la population totale. Pour 1948, un annuaire de l'AOF estime leur nombre à 194 500, soit 9,9 0%[3]. Des statistiques de 1960 portent leur nombre à 422 000[4], soit 13,6 %. Au recensement de 1976, les Toucouleurs sont 523 990[5], soit 10,6 %. Lors de celui de 1988 ils ne sont pas décomptés séparément, mais réunis aux Peuls et aux Laobés (Haalpulaaren) pour former un groupe de 1 572 510 personnes[6], soit 23,2 %. On constate qu'au fil des années la proportion des Toucouleurs tend à diminuer. Cette tendance, partagée avec les Sérères et les Mandingues, pourrait s'expliquer par la wolofisation croissante du pays[7].

Les castes

la maison "dite" des Toucouleurs a Bandiagara au Mali

De type patriarcal, la société toucouleure est très fortement hiérarchisée en douze castes réparties en trois classes.

La classe des nobles appelée RimBes, Dimo au sing, est constituée par  :


  • Les Sebbe, Ceddo au sing, qui sont des guerriers d'origines diverses, mais surtout wolofs, pour certains descendants des soldats Koly Tenguela. Ils sont chargés de l'administration et de la défense. Il y a plusieurs catégories de sebbes, mais il n'y a pas de hiérarchie entre elles. Ils étaient aussi chasseurs, et agriculteurs en temps de paix. Ils étaient à l'origine au plus haut dans la hiérarchie, c'est après la prise du pouvoir par les torodo en 1776, qu'ils ont régressé. Malgré cela, ils sont très indépendants et redoutés des torodo qui n'ont jamais pu leur imposer une véritable domination. Les sebbe étaient connus pour leur fierté et leur intrépidités, ils n'avaient nul peur de la mort, belliqueux ils intervenaient dans la plupart des conflits. Animiste à l'origine, ils ont été convertis à l'islam de façon pacifique et naturelle, à une époque où cette religion gagnait de plus en plus d'adeptes, ils pratiquaient toutefois un islam très superficiel. À l'époque de l'Empire du Djolof, le Buurba Jolof Tyukuli Ndiklam dirigeant de l'empire, installa des gouverneurs farba, pour son compte, tous d'origine Sebbe, au fouta-toro passé sous domination du Djolof. Koly tenguella délivra le fouta-toro de l'emprise du Djolof, et les sebbe gardèrent leur rôle. Ils sont parmi les plus anciens habitants du Tékrour. Voir Tiedos.
  • Les Toorobbe, Torodo au sing, représentent le pouvoir religieux. Dans le fouta-toro ancien, l'almamy qui représentait le chef religieux était choisi parmi les torodos les plus savants dans le domaine de l'islam, qui portaient le titre de thierno. Les torodos sont d'origines variées, et en dehors de leur profession islamique, ils sont agriculteurs, ils ne sont arrivés au sommet de la sociétés qu'a partir de la fin du XVIIIe siècle, en reversant les Sebbe, lors de la révolution Torodo en 1776, orhcestré par Souleymane Baal. À partir de ce moment ils furent par la suite à l'origine de nombreux états islamiques en Afrique de l'ouest.

Toujours dans la classe des nobles on note les Subalbes, Cuballo au sing, qui sont des guerriers et des pêcheurs, ils sont souvent d'origines wolofs et sereres. Le chef des subalbe porte le titre de diagodin, teen. Au fouta-toro, ce sont eux qui contrôlaient le trafic du fleuve. En temps de guerre, ils constituaient aussi de puissantes flottes guerrières. Ils portent souvent les patronymes, Sarr, Diaw, Faye, Diouf, Dieng, Diop. Ils nouent des alliances avec les sebbe, avec qui ils ont beaucoup en commun.

Les Jaawanbe, Jaawando au sing, font partie de la classe des nobles ; ils sont les courtisans et les conseillers de la cour, ils portent pour la majorité les patronymes Diaw, Ndjim, Daf, Niane et Bocoum ils sont d'origine peulh. Ils étaient réputés pour leurs talents en ce qui concernent les stratégies guerrière, et pour gouverner.

Après la classe des nobles vient la classe des NyenyBe, équivalent des Nyenyo des pays wolofs. Ils se distingue des nobles de part leurs métiers soit artisans ou l'audateur, ils sont d'origine variées, et de nombreux interdits les touchent, pratiquant l'endogamie strict, il n'y a pas de véritable hiérarchie entre eux, chaque catégorie a ses croyances et ses rites, liés au métier. Ils sont divisés selon leur métier : il existe à l'intérieur des ces castes des sous-castes:

Les Wayilbe, Baylo au sing, les artisans du fer, les forgerons et les bijoutiers. D'origines diverses, mandingues, peulhs ou wolofs. Dans cette caste les patronymes Mbow ,Thiam et Kanté sont fréquents. Les forgerons bénéficiaient à l'époque du tékrour de grands privilèges, la première dynastie du tékrour, les dia-ogo étaient de grands forgerons. Leur prestige diminua au fil des siècles, jusqu'à être marginalisé, craint et frappé de nombreux interdit. Parmi les wayilbe, certains devinrent de grand Marabout.

Les Laobes, artisans du bois, sont également d'origines diverses, mais les véritables Laobes sont d'origine peulh et portent souvent les patronymes Sow et Dioum, ceux de la légende peulh des trois frères Dicko expliquant l'origine des Laobes. Ils sont très indépendants, à tel point qu'on les considère souvent comme une ethnie distincte. Ils sont aussi nomades en ce qui concerne les Laobes worworbe qui pour certains voyagent avec les Peulhs dans leur transhumance pour leur fournir des matériaux. Ce sont ces Laobes que l'on retrouve chez les Wolofs et les Sérères où ils constituent également dans leur société la caste des artisans du bois.

  • Les Maabube, Maabo au sing : la classe des tisserands, ici les noms Guissé, Sangott, Tall, sont les plus fréquents. Tous tisserands a l'origine, certains d'entre eux sont devenu des Maabube jaawambe, spécialiste de la généalogie de Jaawambe ou Maabube saadu paate spécialiste de celle des Subalbe.
  • Les Sakeebee, sakke au sing : la classe des travailleurs du cuir est considérée comme authentique sakeebe les Beye et Gakou.
  • Les Buurnabe, Burnaajo au sing : la classe des potiers et des céramistes, le nom Wade est très présent ici.
  • Les Waambaabe, Bambado au sing : qui représentent les guitaristes, les musiciens, spécialistes des chants épiques et guerriers. À la guerre, ce sont les porte-étendards. Ils sont d'origines diverses, mais les véritables Bambado descendent comme les Laobes des Peulhs. On les retrouve également dans la légende des trois frères Dicko. Ils portent souvent le patronyme Bah. Quelques Laobes, Wayilbe, et Maabube sont devenus Bambado, ce qui explique la présence de nom Guissé chez eux, entre autres .
  • Enfin, les Awlube, Gawlo au sing : les griots, qui clôturent la classe des Nyenybe.

La plupart des gawlo halpulaar sont d'origine wolof, ils portent les noms, Mboum, Lam, Mbaye, Samb, Seck, Dieng, Gadio.

Les Maccudo, Jyaabe ou Kordo représentent la caste des captifs. Ils se situent au plus bas dans la hiérarchie. Ils proviennent de toutes origines. On distingue les Jyaabe sottiibe représentant les captifs affranchis, et les Jyaabe haalfabe qui eux sont demeurés captifs. La servitude qu'ils ont connu n'existe plus.

Malgré leurs origines diverses, ils parlent tous le pulaar, et d'ailleurs seuls leurs patronymes indiquent leur origine ethnique. Cependant ils se reconnaissent tous comme Toucouleurs, toutes castes confondu.

Entre les Toucouleurs et les Sérères, il existe un lien de cousinage, qu'on appelle la parenté à plaisanterie. Ce lien qui existe entre ces deux ethnies leur permet de se critiquer, mais aussi les oblige à l'entraide, au respect mutuel. Les Halpulaar appellent ce cousinage le dendiraagal ou Jongu, ce lien existe aussi entre les nom claniques ou patronymes. Les classes d'ages concernaient surtout les enfants et les adolescents.

Les toucouleurs sont reconnaissables grâce à leur chapeau conique, que les sérères, diolas et peulh portent aussi. Traditionnellement, les hommes se rasaient le crane et laissaient pousser leur barbe qu'ils taillaient en pointe, certains se tressaient les cheveux, et il y avait une multitudes de coiffures. les femmes se coiffaient à la manière des femmes wolofs, des coiffures très complexes, et portaient toujours un léger voile par dessus la tête. Les toucouleurs pratiquent encore de nos jours, la scarification, souvent ils se font deux incisions sur les tempes, autant les hommes que les femmes. Ils y avait aussi le tatouage des lèvres pour les femmes, que les femmes de sakeebe, caste des travailleurs du cuir pratiquaient. L'excision des femmes est une pratique que les toucouleurs partagent avec les mandingues, au Sénégal, Mali et Mauritanie, mais avec les dispositifs de lutte contre cette pratique, elle se fait de moins en moins.

Patronymes

Les toucouleurs etant un peuple regroupant des groupes variés, dans cette ethnie la plupart des patronymes sénégalais sont présents:

Les études des chercheurs tels que Cheikh Anta Diop, le professeur Saïdou Kane, demontre que les patronymes Hane, Kane, Ly, Sy, apartiennent a la souche Tékrouri (Toucouleur), Cependant bon nombres de clans Maure, se sont allier a ses familles. Raison pour laquelle des familles Kane, Hane, ly, Sy, revendique des origines Maure. Le nom Thiam (Toucouleur), porté par quelques familles Peulhs au Sénégal et au Mali, ce nom est aussi porté par de nombreuses familles Wolofs castés. Cela est dû aux migrations toucouleurs en pays wolof, très accentuées pendant que la dynastie des Denianke de Koli Tenguella était au pouvoir au Fouta-Toro du milieu du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Les Aw, Tall, Sall, Baal, Bousso, Yock, Maal, Lô, Wane, Wone, Guissé, sont purement toucouleur (Tekrouri). Il existent encore plusieurs dizaine de nom. Les noms, Dia, Diallo, Lam ,Dioum, Ka, Sow, Ba, Niane, Diaw, Thiello, Wele, Déme, Ngaido, Thiongane, sont d'origine peulh, Fulbe, portés par des Toucouleurs. Les toucouleurs portant des noms Soninkés/Mandingues, et Maure, sont souvent de familles Maraboutiques.

Chez les Toucouleurs, l'ont peut aperçevoir des familles qui portent des patronymes Wolofs (Ndiaye, Gueye, Diop), Mandingue (Camara, Touré, Cissé), ou encore Sérères (Diouf, Sarr, Sene). Cela s'explique notamment, a part la souche Tékrouri, par le fait que les toucouleurs sont des peuls assimilés. C'est un ensemble de maures, sereres, peuls, wolofs, mandingues etc. Ils parlent pulaar et sont tous musulmans. Egalement au fil des siecles, de nombreuses familles peuls, se sont integrer a cette ensemble culturel, et se définissent aujourd'hui comme toucouleurs.

Activités économiques

En général, les Toucouleurs traditionnellement pratiquent l'agriculture, toutes castes confondues : mil, sorgho, melon, niébé, oignons, et l'élevage de bovins, ovins, volaille, chevaux ; ils ont créé la race chevaline foutanké, née d'un croisement entre un mbayar[8], race locale du Sénégal en particulier des pays wolofs, sérères, et un naru-gor « cheval du fleuve », descendant des races barbes[9] et pur sang arabe. Les jeunes enfants toucouleurs apprenaient très tôt à monter à cheval, en vue de la guerre.

Peuls (peuple)

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Pour la langue, voir Peul
Peuls
Peuls Wodaabes du Niger
Peuls Wodaabes du Niger
Populations significatives par régions
Mauritanie Mauritanie
Sénégal Sénégal
drapeau de la Guinée Guinée
Mali Mali
Burkina Faso Burkina Faso
Niger Niger
Nigeria Nigeria
Cameroun Cameroun
Bénin Bénin
Population totale
10 à 18 millions [1]
Langue(s)
Pulaar
Religion(s)
Islam
Groupe(s) ethnique(s) relié(s)
Toucouleurs

Les Peuls constituent une ethnie présente dans une quinzaine de pays, en Afrique de l'Ouest, mais également au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan – une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus et de chevaux, que la plupart élevaient à l'origine. D'abord nomades, beaucoup se sont sédentarisés. Ils se sont également convertis à l’islam en grand nombre. Dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d'autres populations. La question de l’origine des Peuls et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (pular), continuent de faire débat.

Dénomination

Les natifs se nomment eux-mêmes "Pullo" ( sing.) prononcez [poullo], pluriel '" Fulbhe" [Foulbé]. Nom propre : un Peul, une Peule, des Peuls. Le mot " Pullo" viendrait du verbe "fullade" ( éparpiller, disperser au souffle )[2].

Les termes fula, fulbé, foulbé, fulani, foute sont des termes attribués par d'autres ethnies d'après les Peuls eux-mêmes.Fulla « errants » ('Pullo au singulier). On rencontre aussi d'autres graphies en français, telles que poular ou peulh- L'ethnonyme apparaît parfois sous la forme de Foulhs, Phouls, Poules, Pouli, Fouli , foullah, Poullôri - en angl. germ. arab. ful, fula , fulani. « Peul » est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé, on l'orthographiait plutôt « Peulh » mais cette forme subsiste parfois et l'on rencontre également « Peuhl ». En allemand, Ful ou Fulen; en anglais, Fulani; en arabe, Fulani; en wolof, pë'l [3].

"Peul" est la transcription française du mot wolof pë'l qui désigne ce peuple.

Les Fellans sont les Peuls du Soudan.[4].

En langue peule, la racine pul (« se réaliser » et non pas « être ») désignant au 1er niveau, la fonction - essentiellement la "transhumance du bétail" - et au 2e niveau une identité requérant un " travail" sur soi.

Cette racine qui ne semble pas africaine est apparue dans l'Inde iranisée aux alentours du XIe siècle av.J.C. dans les Veda ( voir TIA ) : pul "peuple"; "tribu" ; "mélangé"; "qui voyage"; "qui vient de loin". Elle est toujours bien représentée de nos jours dans l'Inde du nord-ouest, en langue Penjabi, où elle apparait sous sa forme classique peule "Pullo", en patronymes et toponymes, avec nombreuses variantes - [5].

D'après Jean-Marie Mathieu "Le radical peul "ful" peut être rapproché de l'indo-européen "fla" qui a donné "flou", "flan"...le latin "follis" désignait un "soufflet de forge"[6].

La racine est attestée en indo-européen. On la retrouve ainsi, aussi bien à travers les Pel-esets Libye antique, que les Pel-asges Pelasges (pel-h|2-g + sto) ou encore en Dorien (autre branche de l'indo-européen) Phulè " tribu" ; Phulai " Tribus" [7].

En pulaar fud désigne à la fois la graine et l'origine de [fu] le premier ancêtre Peul[8].

Population

Éleveurs peuls du Gourma, sud de Gao, Mali

Les Peuls, ainsi que les Wodaabes (Bororos), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Afrique régions sud sahel : Mauritanie, Sénégal, Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad, Soudan.

Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti, constituent la deuxième ethnie après les Bambaras. La Mauritanie, le Mali, le Sénégal et la Guinée sont des pays a forte population peule.

Les Peuls sont traditionnellement des nomades, essentiellement des éleveurs transhumants de vaches zébus et de chevaux (boucle du Niger/Basse-Égypte).

Les anciennes ethnies assimilées qui parlent le peul sont appelées Haal Pulaaren. Ceci concerne, entre autres, les Haoussa, les Sérères, les Soninkés, Mandingues, Wolofs.

Origines et histoires

Selon Henri Lhote[9], les Peuls seraient originaires de la haute vallée du Nil : Haute-Égypte, Nubie et Éthiopie. Les peintures rupestres de bovins permettent de suivre l'avancée de ce peuple, puisque c'est lui qui apporte la technique de représentation dans le Sahara. Arrivé en Mauritanie et au Sénégal, les traces deviennent plus difficiles à suivre : les grottes et rochers permettant la reproduction sont plus rares. Les Peuls auraient introduit l'élevage bovin et équin en Afrique.

Si les peintures rupestres permettent de suivre « l'avancée » de ces prétendus Peuls en Afrique de l'Ouest, elles n'ont jamais permis d'expliquer leur arrivée sur le continent. Les remarques d'Henri Lhote, d'abord contestées par de nombreux spécialistes, ne peuvent concerner que les images des chars dits à « spirales » du IIe millénaire avant notre ère qui étaient des motifs prisés par les Égéens et sans doute repris par des Libyens pour servir au prestige d'aristocraties locales. Ces mêmes chars ont été retrouvés sur des tombes à fosse du cercle A de Mycène et au Péloponnèse[10].

D'après leurs légendes orales, les Peuls sont un peuple venu d'Orient en Égypte ancienne sous l'ère des Ptolémées. D'abord fixés à l'Est de l'Afrique en particulier en Égypte et au Soudan, ils vont entreprendre une migration est-ouest, en traversant la région du Sahara, jusqu'à atteindre la vallée du fleuve Sénégal, cohabitant avec diverses ethnies comme les Soninkés, Wolofs, Sérères. À l'époque de l'empire du Ghana, certains vont donner naissance à l'ethnie toucouleurs, résultat du brassage ethnique entre Peuls et les ethnies citées, surtout Sérères dans le

 
 

Peul

Peul

Peul
Fulfulde, Pulaar, Pular
Parlé en Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Gambie, Tchad, Sierra Leone, Bénin, Guinée-Bissau, Soudan, République centrafricaine, Côte d'Ivoire, Ghana, Togo, Cameroun, Cap-Vert
Région Afrique de l'Ouest, Afrique centrale
Nombre de locuteurs 10-20 millions
Typologie SVO [1]
Classification par famille

 -  Langues nigéro-congolaises
    -  Langues atlantico-congolaises
       -  Langues atlantiques
          -  Langues sénégambiennes
             -  Fulfulde
                -  Variantes du fulfulde

(Dérivée de la classification SIL)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle en
ISO 639-1 ff
ISO 639-2 ful
ISO 639-3 (en) fub - Langues Fulfulde
(en) fub - Fulfulde Adamawa
(en) fuc - Pulaar
(en) fue - Fulfulde du Borgou
(en) fuf - Fuuta Jalon
(en) fuh - Fulfulde du Niger occidental
(en) fui - Fulfulde Bagirmi
(en) ffm - Fulfulde Maasina
(en) fuq - Fulfulde du Niger central et oriental
(en) fuv - Fulfulde nigérian
type : L (langue vivante)
SIL Divers
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Kuulal gadanal

Innama aadeeji fof poti, ndimɗidi e jibinannde to bannge hakkeeji. Eɓe ngoodi miijo e hakkilantaagal ete eɓe poti huufo ndirde e nder ɓiynguyummaagu.

Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur
 
Le peul est une langue parlée dans une vingtaine d'états d'Afrique occidentale et centrale, des rives du Sénégal à celles du Nil, par les ethnies peuls, toucouleurs et laobés.

À l'origine, les Peuls étaient spécialisés dans l'élevage équin (nobles) et bovin : ils élevaient différentes races de zébus dont le white fulani, red fulani, sirii et gudali. Aujourd'hui, ils exercent des métiers extrêmement variés : cultivateurs, commerçants, fonctionnaires, ministres, etc. Alors qu'ils étaient essentiellement nomades, les Peuls se sont majoritairement sédentarisés.

Les locuteurs de cette langue sont dénommés haalpulaar'en (haalpulaar au singulier) au Sénégal et au sud de la Mauritanie, cette désignation dérivant du verbe haalde qui signifie « parler ». Les haalpulaar'en de la vallée du fleuve Sénégal s'identifient tous à l'ethnie peule même s'ils parlent très souvent une seconde langue. Selon Amadou Hampâté Bâ, les haalpulaar'en (ou toucouleurs) ne forment pas une ethnie dans le sens strict du terme, mais un mélange d'ethnies ( Wolofs, Sereres, Soninkés, Maures ) s'étant établies le long du fleuve et ayant adopté le peul comme langue principale.

 

Le peul est appelé en peul, pular ou fulfulde :

Il n'est pas heureux de dire "parler le Peul" par confusion avec l'ethnonyme Peuls. Le pular est la langue des Peuls.Ce nom est construit sur le radical nominal PUL auquel est associé le verbre arugol " venir" [1] Le verbe arugol est un verbe radical ayant pour base la racine ar- racine la plus importante du lexique Peul, ouvrant sur plus de douze racines verbales ayant toutes trait à l'identité - arya[2] - Idéalement l'enfant Peul apprend sa langue assis sur les genoux de sa mère. Cela laisse augurer des rapports sociaux sans ambiguïtés : La femme Peule ne connait pas le servage - La langue est enseignée par la conversation usuelle, mais aussi les chants, les berçeuses, les contines...

On le voit d'emblée, l'apprentissage de la langue dépend entièrement du relationnel, et plus encore du rapport mère / enfant et du savoir maternel.Parle le pular, celui dont la mère est d'origine Peule, et par conséquent parle le pular.

pular s'écrira donc avec un seul [a][3]

Les haalpularen sont des personnes qui sont amenées à parler le pular. Du verbe haala " parler" auquel s'associent les verbes haalugol " dire" et haalirgol " dire avec style". En résumé un haalpular est "quelqu'un qui parle dans le style de"," à la manière de."  : Un ethnologue qui parle pular est un haalpular  ; un groupe d'ethnologues qui parlent le pular sont des haalpularen. On remarque l'adjonction en suffixe du pronom objet pluriel en- " nous" ( inclusif ) désignant ceux qui se nomment ainsi, cherchant maladroitement à ériger ce "parler", en parler plus ethnique que véhiculaire. Cependant, tout Peul d'"origine", est capable de reconnaître quelqu'un qui parle à la manière de., à l'accent, à la manière d'employer certains mots ; L'aspect docte ou peu docte de la langue, se distinguant principalement à l'audition -

Le pular est donc une langue maternelle et une langue orale.

Le terme fulfulde ( "Le peul des Peuls" ) est le plus couramment utilisé.

 

Description

Le pular occidental est classifié dans l'école française, Soudan-ouest atlantique (ou nigéro-congolais) pour les groupes de l'ouest et centraux. Dans l'école anglo-saxonne le pular oriental est classé dans la branche du "nigero-kordofanien" notamment pour les Peuls du Soudan, tenant mieux compte du foyer d'essaimage de ces populations pastorales vers l'intérieur et l'ouest de l'Afrique aux alentours du | IXe | s.apr.J.C. (Kordofan, région du plateau d'Abyad, nord-est du Soudan, appelée aussi la « suisse africaine »). Cependant, malgré les régionalismes, conduisant au phénomène de dialectologie, le pular est une seule et unique langue à la base article.

L'extension du pular sur un espace aussi vaste rend très difficile la détermination précise du nombre de locuteurs. Les estimations vont de 16 à 20 millions de personnes.

Le pular se subdivise en de nombreuses variétés, qui sont habituellement regroupées en cinq grands ensembles géographiques :

  1. les parlers du Fuuta-Toro, dans le bassin inférieur du fleuve Sénégal,
  2. ceux du Fuuta-Djalon, sur les hauts plateaux de la Guinée et sa périphérie,
  3. ceux du Maasina, autour du delta intérieur du Niger,
  4. les parlers centraux, du sud-est du Mali à la région des dallols Maouri et Bosso au Niger,
  5. les parlers orientaux, dans l'ancien empire de Sokoto et les régions qui le bordent (Niger-Est, Nigeria, Cameroun, Tchad et République centrafricaine).

 

Alphabet

L'orthographe fait appel à un alphabet latin complété.[4]

a ou ' , e i o u b ⁶ mb c d ⁷ nd f g h ng h j nj k l m ⁷ ny p q r s t w x y ⁷ z

 

Écriture

Le pular, comme d'autres langues africaines, peut s'écrire à partir des caractères arabes (`ajami) ou à partir des caractères latins (avec un alphabet adapté). Le tableau ci-dessous donne quelques exemples de mots peuls tirés d'un seul dialecte. Les variations sont nombreuses, y compris dans la manière d'écrire les lettres. Par exemple. le mot nyaamde peut aussi s'écrire ñaamde.

Mot en françaisMot en peulPrononciation standard
terre leydi  
ciel asamaan ou kammou (en Guinée)
eau ndiyam  
feu yiite ou jeyngol  
paix jam  
homme gorko (pl: worɓe)  
femme debbo (pl: rewɓe)  
humain neɗɗo (pl: yimɓe)  
manger nyaamde  
étudier janngude  
boire yarde  
grand mawɗo  
petit tokosoo  
nuit djemma  
jour nyalorma  
lundi Altine ou ténain (en Guinée)
mardi Talaata  
mercredi Alarba  
jeudi Alkamissa  
vendredi Aljuma ou djouma (en Guinée)
samedi Aset ou assèwè (en Guinée)
dimanche Alat  
je t'aime miɗo i do ma  
jeu de dames cokki  
le courage wakkilaarè  
aimer yiidhougol  

 

Prononciation

Les voyelles brèves

Les voyelles brèves ou voyelles de base, sont au nombre de 5 et s'écrivent comme en français: a, e, i, o, u.

Elles se prononcent comme en français, excepté le u qui se prononce "ou".

ɓ : (b implosif) se prononce comme un « b » précédé par un arrêt glottal en un seul son

c : se prononce « tch »

ɗ : (d implosif) se prononce comme un « d » précédé par un arrêt glottal en un seul son

j : se prononce « dj » ou « dy » comme dans "diamant"

h : est toujours un « h » aspiré

s : se prononce toujours « s » (et pas « z » entre deux voyelles par exemple)

mb : les consonnes s'articulent en un seul son tout comme « nd »

nj : se prononce « ndj »

ng : les deux consonnes s'articulent en un seul son

ny : les deux consonnes s'articulent en un seul son (c'est écrit comme « ñ » au Sénégal et comme « ɲ » au Mali et Burkina Faso)

u : se prononce comme « ou »

Exemple de phrase :

Janngde ina waɗɗii e kala neɗɗanke → L'enseignement est un devoir pour chaque personne.


Les voyelles longues

L'accentuation: Elle est marquée par le doublement des voyelles de base à l'écrit et par un allongement dans la prononciation à l'oral ;

-aa comme dans le français tâche ;

-ee comme dans tête;

-ii comme dans gîte ;

-oo comme dans hôte ;

-uu = ou long comme dans tour.

Une voyelle devant une terminaison en r, n'a pas besoin d'être redoublée.

  • Remarque

Ne pas marquer la longueur ou le redoublement vocalique est une faute grave puisque certains mots ne se distinguent que par cette opposition de longueur[5]

exp: amugol danser / aamugol se décourager...

 

Pronoms numéraux cardinaux

0 mere -1 go'o - 2 didi - 3 tati- 4 nay -5 jowi -10 sappo - 20 noogay - 100 teemedere - 1000 wuluure - 1000000 miliyon ujunere


Le système numérique peul est construit sur le système africain des cinq premiers chiffres : go'o, didi, tati, nay, jowi.A partir de six jusqu'à dix, on ne fait que rajouter un chiffre à cinq pour obtenir le chiffre suivant à l'aide de la coordination " e".

Ainsi:

  • 6 = 5+1 jowi e go'o d'où jeego
  • 7 = 5+2 jowi e didi d'où jeedidi


De même pour les dizaines et les centaines; entre les dizaines et les unités; entre les centaines et les dizaines; entre les milliers et les centaines.

Structure grammaticale

  • Le système nominal pular...

Comme d'autres langues africaines, il s'agit d'une langue à classes nominales.On compte 24 classe nominale en pular dix-neuf au singulier, quatre au pluriel auxquelles s'ajoute la classe neutre: -dun Les suffixes de classe du singulier et du pluriel entrent dans un processus d'opposition binaire qui aboutit à la formation de couple de suffixes ou genre.

Genre: La notion de genre en pular est différent du sens que l'on entend en français. Le genre dans les langues à classe est "asexuel". il traduit une opposition singulier-pluriel.

ex: - classe kun, ngal, kal, ngel font leur pluriel en koy ( pay-kun " petit enfant"; pay-koy "petits enfants")

classes: - be, dan, de, di, mba, dun, nde, ndi, ndu, ngal, nge, ngel, ngo, ngol, ngu, ka, ngii, kal, ki, ko, kol, koy, kun, o


Un lexème ou radical ( nominal ou verbo-nominal ) de structure : CVC- ; CVCV- ; CVCC- ;

-une modalité nominale ou suffixe nominal de structure: -V ; -VC ; -CV ou -CVC.

Ainsi la forme la plus simple, le nom pular peut-il être schématisé comme suit:

Base radicale + suffixe nominal

ou

Base radicale + classificateur ou marqueur de classe nominale ( M.C )

Cet ordre de succession est rigoureux et strict, seul son respect garantit la grammaticalité de l'expression nominale en pular.

Sur cette base on peut définir avec W.A.Wilson la classe nominale comme " un groupe réunissant tous les substantifs qui portent un même affixe d'accord et qui régissent un même accord dans les mots qui en dépendent grammaticalement"

ex: Leggal keccal ngal soppuaa ngal no yoorude.

//Leggal /keccal / ngal/ sopp-u-daa / ngal/ no / yoor-ude.

//arbre / frais / le / tu as coupé / que / en train / de sécher//

L'arbre frais que tu as coupé est en train de sécher.

C'est la modalité nominale (modalité de classe) qui sert de signe grammatical entre le nom et les termes avec lesquels il est en relation (déterminant lexical, grammatical et pronom).

La présentation en est SVO ( majorité des cas).


La structure verbale est à la fois flexionnelle et agglutinante.On a ainsi des dérivatifs verbaux qui peuvent être suffixés à la racine verbale pour en modifier le sens.

-Base verbale + Zone de dérivation+ Zone de flexion

Ainsi les dérivatifs verbalisateurs ( -d; -n ) peuvent-ils changer les racines nominales ou adjectivales en bases verbales.

ex: Verbalisateur -d

-fam~ idée de petitesse - devient un verbe - fan-d-u-gol, être petit

-don~ idée de soif - devient un verbe - don-d-e-gol, avoir soif

La voyelle du suffixe peut changer selon la voix du verbe ( active, moyenne ou passive ). une même base verbale peut contenir plusieurs suffixes:winndugol, écrire.

1. wind-in-gol,[windingol], faire écrire (causatif)

2.wind-in-t-in-gol,[windintingol] faire réécrire (causatif et répétitif )

3.win-id-an-or-gol, [winidanorgol] , écrire ensemble occasionnellement au bénéfice de (associatif, bénéfactif et circonstanciatif )

etc.

.Les voix...

Il existe en pular trois voix :

La voix active fait les verbes en -u-gol

La voix moyenne fait les verbes en -a-gol

La voix passive fait les verbes en -e-gol

Il existe un accompli ou perfectif.

 

  • La phrase...

Shéma :GNS + V + GNO ou GNC

La phrase nominale -

ex: Hannde, ko julde suamatee

Aujourd'hui c'est la fête du Ramadan


La phrase verbale -

ex: Licel / on yahi / ka / luumo / jooni / kanko / e / ina / makko

Licel est partie au marché tout de suite avec sa mère.


S'ajoutent encore : l' accompli passé absolu ; l' inaccompli injonctif; l' inaccompli subjonctif; l' inaccompli futur; l' inaccompli focalisé; le prétérit; le prétérit de l'accompli; le prétérit de l'inaccompli ; le prétérit duratif et le duratif ( étatif et progressif).

  • La négation verbale

La négation verbale est marquée par divers signes en pular: -aa ; wata ; hita ; alaa ou wanaa.

ex: Aruna no arde Aruna arrive

Aruna alaa arde Aruna n'arrive pas[6]


Pronoms : mi - je, ( mode emphatique )mido , min ; a - tu ; o - il /elle ; men ou en - nous ; on -vous ; be - ils/ elles

an = mon, ma, mes / -exclusif amen = nôtre, nos / -inclusif men ( me'en, meeden ) notre, nos / maa ( ma'a, maada )= ton, ta, tes / mon ( mo'on, moodon )= votre, vos / makko = son, sa, ses / mabbe = leurs.

Conjugaison :

Mi arii je suis venu

A arii tu es venu

O arii il / elle est venu(e)

Men arii nous sommes venus

En arii nous sommes venus

On arii vous êtes venus

Be arii ils / elles sont venus(es)[7]

 

Autres caractéristiques

À l'étude, on note :

  • De nombreuses permutations du p en B et du p en f,[8]
  • La permutation fréquente du y en j et du j en y [9]
  • La lettre p se prononce rarement.
  • La lettre s se prononce rarement (tous les termes commençant par s ou sh dans le lexique peul sont d'origine "étrangère", française ou arabe ou persan ).
  • Le son ch du "shin" sémitique n'existe pas en pular. À noter qu'au Nigéria, les Peuls ont tendance à prononcer le c (tch) comme un sh arabe ou persan.

 

Emprunts et parentés

La plupart des Peuls parlent ou comprennent plusieurs langues.De ce plurilinguisme découle une série de phénomènes liés aux contacts de langues.

  • Les interférences ( phonétiques, morphosyntaxiques, lexicales) L'interférence peut devenir emprunt.

Le plurilinguisme est déjà ancien chez les Peuls, c'est le résultat du commerce et du déplacement ( traversée ) à l'intérieur d'aires linguistiques variées. Si l'on ne peut pas parler de "sabirs", il faudra évoquer l'emploi de "langues véhiculaires" adoptées à différentes époques, et dans diverses aires culturelles. Il n'y a pas eu cependant de phénomène de diglossie.

  • Emprunt et parenté

Emprunt et parenté peuvent concerner : la structure; la morphosyntaxe; les formes verbales; les formes adjectivales; la grammaire; la phonétique; le vocabulaire; le siginifié ( la forme exterieure du mot ); le signifiant ( ce que cela veut dire ); etc.

Ils peuvent être dits "profonds" ou "de surface". Ils peuvent être récents ou très anciens.

Plus ils sont "récents" et plus ils ont des chances de n'être que des emprunts. Plus ils sont "profonds", plus ils concernent la structure de la langue, plus ils ont des chances d'être des parentés.

Enfin, les emprunts sont aisés à trouver ; les parentés au contraire, demandent des investigations plus poussées dans la structure même de la langue.

Emprunt et parenté sont différents - Là où il y a emprunt il peut ne pas y avoir parenté.Il peut y avoir parenté sans y avoir d'emprunts, du moins ceux-ci disparaissent-ils avec le temps ( intégration ).Un emprunt simple et majoritaire dans un lexique, peut révéler une certaine "marginalité" ( nomadisme ). Souvent, il y a emprunt et parenté, (d'autant plus que le "contact" culturel est long et fructueux ).L'emprunt peut concerner des expressions véhiculaires ( souvent d'ordre économique ou technique, relevant des relations commerciales et/ou matrimoniales );il peut concerner le spirituel , le culinaire, l'artisanal etc.L'emprunt exprime des réalités de la vie courante :le vocabulaire est donc composé pour l'essentiel des noms d'ustensiles, la faune, la flore, des phénomènes sociaux ou naturels.Dans ce cas, l'emprunt est dit "de surface" et est toujours aisément reconnaissable, parfois inchangé à la lettre prés.

Intégration morphologique des emprunts

Le pular est une langue caractérisée par l'existence de genres multiples dans lesquels s'intègrent tous les substantifs, tout substantif appartenant à une autre langue doit être adopté par un genre avant de s'intégrer dans le système. Cette intégration se fait sur la base d'une analogie de forme plutôt que sur la base d'une analogie de sens ( l'analogie de sens relève souvent d'une parenté d'autant plus qu'elle est acompagnée d'une analogie de forme ). En pular chaque emprunt est considéré comme une forme radicale qui attend son morphème de classe.Ce fait est pertinent en pular : exemple les syntagmes nominaux ( déterminant + substantif ), les considère comme un seul mot et un phénomène d'agglutination ( réunion d'éléments linguistiques ) a lieu lors du passage de l'entité empruntée de la langue d'origine au pular.Ce fait est suffisamment significatif en pular, pour penser qu'il est ancien ou a toujours existé.


On rencontre un certains nombres de lexèmes "étrangers" dans le pular qui peuvent être posés comme hypothèse de travail en attendant de classer celui-ci dans une proto-langue.[10]

Langues anciennes : Langues de la Mésopotamie de 1600 à 1100 av.J.C. élamite, sumérien, sutéen, assyrien, hourrite, ce sont en grande majorité des emprunts et quelques intégrations suffixales ou interférences. En sociolinguistique concernent exclusivement : l'architecture, le politique, l'habitat, la topographie, l'administratif, le "phénomène de cour" :

ex. ful. galle ( "parcelle réunissant un groupe de maisons" ) ; sum. é-gal ( " Grande-maison" )[11];

ex. ful. Sukkanaaku ; kass.? Sukkal (" Chargé de mission " ), lien bureaucratique entre les différents niveaux de la pyramide bureaucratique et le pouvoir central à Sumer. C'est un "Vice-Roi" à Elam, nombreux corrolaires dans la région mésopotamienne comme - Sukkalmah (" Grand-Régent" ) à Sumer et en Assyrie où les Sukkallû sont les " Officiers"[12]

Le grec ( il s'agit en majorité de ionien dialecte du Ve s. av.J.-C. dont on sait que l'Egypte et la Libye étaient les deux voies d'entrées en Afrique ). En pular ces lexèmes apparaissent sous forme d'emprunts, de vocabulaire, et de structure. En sociolinguistique, ils concernent toujours : La généalogie ; l'Institutionnel; la Famille ( élargie ); le Clan ; l' Unité sociale ( à lexclusion de la solidarité juridique ); le Symbolique.[13]

ex. ful génos ( "dieu solaire" )  ; gr. génos ( génos, géneos, géneï, etc.) ; ssk. ganas ( ganasas, ganasis ) - ( géné était un culte attesté en Grèce qui aboutit aux institutions indo-européennes de l'antiquité )[14]Génos fait référence aux tribus grecques qui étaient subdivisées en phûla ou phrêtrai que d'aucuns diront Achéens ( Homère ) d'autres Doriens.[15]


Langues africaines

Kwa-fulfulde

Langue arabe

Langue française

Langue anglaise

Origine de la langue

L'origine du pular est inconnue à ce jour et fait l'objet d'études approfondies.

Déplacements, rencontres et métissages dès la plus haute antiquité ne permettent plus à ce jour de déterminer avec précision un foyer linguistique originel.

Nigéro-congolais ou nigéro-kordofanien...

Les classifications actuelles des langues africaines s'appuient encore souvent sur les travaux de Maurice Delafosse, Lilias Homburger ou Diedrich Hermann Westermann, et surtout sur ceux de Joseph Greenberg dans les années 1950 axant les recherches comparatives sur les parentés de vocabulaire et de grammaire entre le peul et les langues africaines acquises au cours du Moyen Âge.[16] C'est ainsi que le pular est généralement rattaché à la branche ouest-atlantique de la grande famille des langues nigéro-congolaises, au même titre que le sérère ou le wolof. En linguistique, seules les super-familles de langues font l'objet d'un consensus.[17]Chez les linguistes anglo-saxons, le classement est fixé à l'est ( Soudan oriental, plateau du kordofan, Monts Nuba ). Ainsi, on trouve, dans la famille nigero-kordofanienne, le mandingue et le swahili. Cette dernière langue est souvent étudiée en vis-à-vis avec le pular car comme lui, elle présente d'autres langues incluses à différentes époques dans le lexique : arabe, langues indiennes, persan...Le nigero-kordofanien est considéré par certains linguistes comme une sous-branche éloignée des langues nigéro-congolaises (elles semblent former un groupe à part)[18].[...][19]

Il existe de nombreux contacts historiques et géographiques entre ces groupes de langues dans la région sahélienne. C'est la raison pour laquelle, elles sont souvent associées en une intéraction complexe. Il s'agit : 1. du nigéro-kordofanien ( que Luca Cavalli-Sforza associe sur une même branche au "niger-congolais" dans la reproduction d'un arbre phylogénétique p. 225 de son livre paru en 1996 Gènes, peuples et langues et qui concerne les langues du centre-ouest et du sud-est africain ); 2. du nilo-saharien ( sud-Sahara et haut Nil ) ; 3. de l'afroasiatique ( clairement relié au chamito-sémitique appelé parfois sémito-hamite concernant l'Afrique du nord, le Moyen-Orient et l'Ethiopie ) lui-même relié au nostratique...Il semble que ce groupe de langues, fasse partie d'un même ensemble en expansion de l'est africain vers l'ouest depuis le Xe siècle environ...

Note 1 sur le nigéro-kordofanien et le nostratique : " La série de descriptions garmmaticales de langues toungouses parue dans l'encyclopédie JNSSSR V ( 1979 ) est à ce point de vue d'une grande importance. A première lecture, ces documents m'ont irrésistiblement rappelé les langues nigéro-kordofaniennes ou nilo-sahariennes qui possèdent une harmonie de hauteur relative basée sur la trait [+_ RLA ] ( racine de langue avancée ) [...] L'harmonie vocalique abordant une particularité de la distribution des consonnes des séries vélaires ( k ) et uvulaires ( q )en fonction des voyelles adjacentes, est un système proto-eurasiatique ressemblant par un aspect important aux systèmes d'harmonie vocalique que l'on trouve en Afrique dans les familles nigérocongolaise et nilosaharienne, tout en en différant sous un autre rapport ;position neutre et rétractée en eurasiatique, neutre et avançée en Afrique. [ Racine de la langue rétractée ] vs [ non rétractée ] ( visible dans Greenberg [1990] )[20]


Note 2 sur l'Afroasiatique et le nostratique : "Aaron Dolgopolsky (1964, 1965 ) développait indépendammant une théorie reliant l'indoeuropéen à l'afroasiatique, au kartvèle ( géorgien ) et à une série de langues d'Asie septentrionale incluant l'ouralien, l'altaïque et l'eskimo-aléoute. Dans un travail ultérieur, il y inclu le guiliak, et le tchouktchi-kamtchakien ainsi que l'élamite et le dravidien."[21]

Note 3 sur le sémito-hamite et le nostratique : " Plusieurs auteurs ont souligné des ressemblances frappantes entre l'indo-européen et la famille sémito-hamite ( nom des nombres, des parentés, d'animaux ), au point que des équations linguistiques régulières ont pu être tirées ; que cela indique une parenté génétique entre les langues de ces deux familles, ou simplement des contacts étroits et prolongés, à très haute époque,il s'ensuit en tout cas que les ancêtres des Indo-Européens ont vécu en Asie occidentale." [22]

Le pular un cas insoluble ?

Etudes diachroniques

Les études diachroniques sont des études basées sur la recherche historique et permettent de "remonter" une langue sur 10 000 ans à peu près.

Primauté de l'Orient...

Des investigations contemporaines plus approfondies et plus complètes semblent remettre en cause la classification officielle privilégiant l'appartenance au groupe nigero-congolais au profit du nigéro-kordofanien [23] et du caucasien sous branche ne favorisant pas le consensus. En 1994, le lexique établit par Christiane Seydou a été l'objet d'études et confirme la parenté du pular avec les langues agglutinantes du Caucase et de l'Inde. Ces recherches linguistiques historiqu

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Date de dernière mise à jour : 05/09/2013

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