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La « Génération du concret » dans l’impasse

RETOUR D’IDRISSA SECK, DEFAITE AUX LOCALES, WADE CANDIDAT EN 2012...

Les thuriféraires de la « Génération du concret » ont-ils jeté l’éponge ? En tout cas, les événements des derniers jours sont lourds de sens. Il est clair que le président Wade travaille aux retrouvailles des différents satellites du Parti démocratique sénégalais mais, il semble désormais exclure dans ses plans le forcing de « la succession biologique ».

 

Principal perdant des dernières élections locales alors qu’on cherchait à le mettre en selle à Dakar, et mis à mal par les révélations contenues dans « Contes et mécomptes de l’Anoci », le livre-événement de la rentrée, Karim Wade, devra sans doute mettre un bémol à ses ambitions politiques et se contenter (de manière provisoire ?) du maroquin de super ministre d’Etat que son père lui a taillé sur mesure. Analyse concrète d’une situation… concrète !

Le retour de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, président de Rewmi, dans la majorité présidentielle, et la constitution d’une task-force pour théoriser la candidature du secrétaire général du Pds à l’élection présidentielle de 2012 sont des signaux qui ne trompent pas. Toutefois, les deux termes de ce nouveau postulat « wadiste » se heurtent à une terrible réalité : la réalisation de ce nouveau projet fait face à la volonté du maire de Thiès de se présenter et de réaliser (enfin) son rêve de devenir le quatrième président de la République du Sénégal. Si ce n’est pas un piège tendu à Idrissa Seck, en tout cas, il ira à l’encontre des projets du ministre d’Etat, Karim Wade.

Toutes choses qui font donc que le scénario faisant du fils du président de la République, le candidat favori de la majorité présidentielle pour 2012, n’est pas opératoire. Aujourd’hui, il est clair que tout ce qui a tenu en haleine l’opinion politique depuis trois ans, à savoir que Karim Wade est un successeur potentiel de son père tourne au scénario d’un film de série B.

Il est de notoriété publique que le retour de l’ancien Premier ministre est conditionné par la minoration des ambitions présidentielles de Karim Wade. Les échanges de mots au plus fort de l’affaire dite des « chantiers de Thiès », qui ont valu six mois de prison au patron de « Rewmi », ont révélé l’ampleur de la tragédie qui s’est jouée dans la « famille ». Tragédie ? Il n’y a pas seulement Idrissa Seck. Beaucoup se demandent si le secrétaire général du Pds, lui-même, n’a pas tourné le dos à ses « constructeurs » !

C’est d’abord « l’actionnaire principal » du camp libéral, comme il aime à se définir, qui s’est signalé en rapportant les propos que lui aurait tenus l’homme d’affaires Pierre Aïm, proche du président Wade, lors des périodes de braise : « tu seras un excellent fils d’emprunt jusqu’à la maturation du vrai fils ! » Sentant sa mise en détention inéluctable, il ne s’était pas privé ; et les propos avaient volé bas : « Je ne me prosternerai que devant Dieu ! » Suivit la perle qui a sans doute fait comprendre à Karim Wade que son ancien « grand frère » ne transigerait pas avec ses ambitions : « ancien spermatozoïde et futur cadavre ! » Quand quelqu’un parle de son père de la sorte, il est facile de comprendre que l’on ne puisse plus envisager des retrouvailles avec lui. Quel fils aurait accepté cela ?

C’est donc une affaire purement privée qui opposait Karim Wade et Idrissa Seck jusqu’au moment où la « Génération du concret » a commencé à étaler ses tentacules. L’irruption de Karim Wade dans l’arène politique s’explique largement, selon des opinions largement partagées, par le fait que le président Wade en aurait eu « marre » de toutes les « trahisons » qui ont accompagné son parcours. Comme tout monstre politique, il s’est dit que tous ceux dont il a contribué à asseoir la carrière allaient puiser à la même source. Autant donc, le cas échéant, pousser jusqu’au bout la carte du fils. Mais il a été le premier à constater que l’affaire ne passe pas.

Me Wade, en procédant à cette remise à plat dans la bataille de succession, ne dépare pas de l’attitude de beaucoup de chefs d’Etat Africains. Beaucoup parmi eux ont eu un rapport mortifère avec la question de leur héritage politique, ce qui a souvent conduit à bien des situations chargées… Et souvent, le raccourci de la famille est bien proche.

Toujours est-il que la « Génération du concret » semble être la première à faire les frais de la nouvelle conjoncture politique. Dans un contexte de crise dans quasiment tous les secteurs, ce mouvement qui a « vampirisé », jusqu’au sommet de l’Etat, toutes les projections politiques, est obligé de jouer balle à terre et de reconnaître ses limites objectives. Mais les intérêts en jeu, la perspective même de penser un héritage politique au président Wade autre que familial, et surtout le déni d’envisager une rentrée en politique sous le lourd harnais de la défaite autorisent à penser que Karim Wade et ses ouailles vont tenter de rebondir en usant des puissants ressorts dont ils disposent au sein de l’appareil d’Etat. En attendant le vote des Sénégalais.

- Par Nettali -

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