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Les rebelles libyens annoncent l'échec des négociations pour la reddition de Bani Walid

TARHOUNA (AP) — Les insurgés libyens n'ont pas réussi à convaincre dimanche les dirigeants qui contrôlent la ville de Bani Walid, à 140km au sud-est de Tripoli, à leur livrer la ville sans combattre afin d'éviter que le sang ne coule. Faute d'accord, les rebelles ont promis d'attaquer cette ville, tout comme les autres réduits kadhafistes que sont Syrte, Joufra et Sabha

Abdullah Kanshil, qui était un des négociateurs des rebelles, a affirmé que les pourparlers avaient été interrompus, après qu'un porte-parole de Moammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, qui se trouve à Bani Walid, eut demandé que les insurgés soient désarmés avant d'entrer dans la ville.

Selon les rebelles, les fidèles de Kadhafi les plus radicaux sont une petite minorité à Bani Walid, mais ils sont fortement armés et font pression sur les habitants de la ville pour les empêcher de se rendre. "Nous sommes désolés pour les gens de Bani Walid", a déclaré Abdullah Kanshil, en précisant que les combattants rebelles attendaient le feu vert pour lancer l'assaut final sur la ville.

Le colonel Ahmed Bani, porte-parole militaire des rebelles basé à Benghazi, avait pourtant affirmé un peu plus tôt que les membres de la tribu des Warfala, la plus importante de Libye, censée contrôler Bani Walid, étaient divisés sur l'opportunité de rejoindre les rebelles. Mais il avait ajouté qu'il comptait sur leur reddition pour éviter des combats. "Ils vont renoncer à la fin parce qu'ils sont cousins et ils ne veulent pas faire couler le sang", avait-il assuré.

Mahmoud Abdel-Aziz, qui représente le Conseil national de transition (CNT) dans les pourparlers à Bani Walid, avait expliqué que les négociateurs avaient des entretiens en tête à tête avec des chefs tribaux qui veulent s'allier à l'opposition, mais aussi avec d'autres qui restent fidèles à Kadhafi.

Les rebelles contrôlent la majeure partie de la Libye et devraient prochainement former un nouveau gouvernement. Mais avant de crier victoire, ils doivent attendre l'arrestation de Moammar Kadhafi et la prise de contrôle de ses derniers bastions. Le "Guide" libyen et ses alliés sont en cavale depuis la chute de la capitale fin août. Ses fidèles se sont retranchés dans plusieurs villes, notamment à Bani Walid, assiégée par les insurgés.

Par ailleurs, selon le colonel Bani, des habitants de Bani Walid ont dit aux rebelles qu'un des fils de Kadhafi, Seïf al-Islam, s'était réfugié dans la ville peu après la chute de Tripoli, mais qu'il était parti récemment de crainte d'être livré par la population locale aux insurgés.

Seïf al-Islam Kadhafi, qui était à une époque le successeur potentiel du "Guide" libyen, fait l'objet, comme son père, d'un mandat d'arrêt lancé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, qui auraient été commis en février via les forces de sécurité et l'appareil d'Etat libyen.

Les responsables de rebelles ont donné des versions contradictoires sur l'endroit où Moammar Kadhafi se cacherait. Syrte, la ville natale de Kadhafi, Bani Walid et Sabha (sud), située dans le désert libyen, ont été mentionnés.

L'OTAN a fait savoir que pendant la nuit, des casernes, des locaux de la police et plusieurs autres cibles avaient été bombardés près de Syrte, ainsi qu'un entrepôt de munitions à proximité de Bani Walid, et d'autres objectifs situés près de Houn, dans une région désertique située à mi-chemin entre Syrte et Sabha.

Pendant ce temps, les rebelles poursuivaient le siège de Bani Walid, se disant prêt à prendre la ville par la force si nécessaire. Des milliers de combattants rebelles ont convergé vers Bani Walid ces derniers jours, certains approchant à une quinzaine de kilomètres du centre-ville. Des insurgés venus de la ville portuaire de Misrata ont annoncé samedi soir qu'ils s'étaient emparés de deux camps militaires dans la banlieue de Bani Walid, sans rencontrer de résistance.

D'après Mohammed el-Fassi, un commandant rebelle, des fidèles de Kadhafi sont toutefois arrivés récemment à Bani Walid par le sud.

La tribu des Warfala, qui compte un million de membres, représente un sixième de la population libyenne. Dans un message audio, la semaine dernière, Moammar Gadhafi a assuré que les Warfala faisaient partie des tribus qui le défendraient jusqu'à la mort.

Mais Bani Walid a aussi été le théâtre d'une vague de contestation anti-Kadhafi en 1993. Cette année-là, l'armée de l'Air a écrasé un soulèvement de militaires à Misrata et Bani Walid, selon des diplomates occidentaux et des responsables de l'opposition libyenne. D'après eux, de nombreux officiers ont été arrêtés et exécutés. AP

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