Google+

Démocratisation et respect des règles électorales : L'Afrique inaugure une nouvelle ère de recul

Démocratisation et respect des règles électorales : L'Afrique inaugure une nouvelle ère de recul
Après une période marquée par plusieurs efforts dans le processus de transmission du pouvoir, l'Afrique est en train d'inaugurer une autre phase de recul démocratique. Cela en renouant avec la forte présence, dans plusieurs pays, de l'armée qui s'agrippe de plus en plus autour de l'appareil d'Etat.

Le début des années 1990 était marqué par une éclosion du multipartisme dans plusieurs pays africains. Une évolution qui s'accompagna par de réels efforts dans le mode de transmission du pouvoir sur le continent. C'est ainsi que des pays longtemps confinés dans la spirale des conférences nationales virent le bout du tunnel en parvenant à mettre l'accent sur la consolidation de leurs institutions. Le Mali sortait de la période noire du régime coercitif de Moussa Traoré de la fin des années 1980 ; au moment où au Ghana, le capitaine Jerry Rawlings propulsait son pays dans une belle aventure démocratique en procédant à de profondes réformes constitutionnelles. Cette vague inaugurait pourtant sur le continent africain le début du retrait progressif de l'armée de l'appareil d'Etat. Mais depuis trois années, l'Afrique semble renouer avec l'ère des démons de la répression et de la confiscation du pouvoir. D'abord, c'est la Mauritanie qui n'avait pas encore fini de savourer les instants de sa première expérience démocratique avec l'élection du président Sidy Ould Cheikh Abdallahi, qui en fait tristement les frais. Cela par un arrêt du processus démocratique par l'armée le 6 août 2008. Et les nombreux appels à la raison n'auront pas empêché le général Abdel Aziz de parvenir à ses fins. Mais c'est principalement le coup de force du président Mamadou Tanja au Niger qui confère aujourd'hui à l'Afrique l'image d'un continent dont les leaders deviennent de plus en plus allergiques au respect des règles et principes démocratiques pré-établis.

Contournant les institutions de son pays en procédant par de regrettables actes de dissolution du pouvoir législatif, ce dernier ne se gêne guère de manœuvrer à travers un troisième mandat. Car en Afrique, ce sont plutôt les constitutions qui doivent s'adapter aux humeurs des dirigeants. Ceux-là qui sont souvent issus de la grande muette et qui imposent leur loi au peuple souverain. Et comme pour confirmer cette maxime, le capitaine Moussa Dadis Camara lui ne cherche pas autre chose en Guinée Conakry. Se réfugiant derrière une posture de ‘messie éclairé’ pour son pays, le chef du comité de transition ne compte nullement retourner de sitôt dans les casernes.

Il y a également et parallèlement à cette formule militaire, l'apparition d'un nouveau mode de transmission du pouvoir par ordre héréditaire et qui semble être érigé en règle sur le continent. Car après le Togo, la République démocratique du Congo, le Botswana avec le fils du père de l'indépendance Seretse Khama, et récemment avec le Gabon, la chaîne risque d'être encore plus longue sur le continent. Déjà, l'Egypte se positionne avec la probable ascension du fils d'Hosni Moubarack, Gamal Moubarack ; alors qu'au Sénégal le débat autour des ambitions du leader de la ‘Génération du concret’, Karim Wade, fait toujours rage. Des attitudes politiques qui commencent à émerger en Afrique et qui ne semblent guère renforcer le respect des principes démocratiques. Ce qui remet en question tous les efforts de développement économique, avec l'instabilité grandissante que cela pourra engendrer.

Ab. A. AGNE

Source: walfad

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Acheter une oeuvre,faire une action,apprenez,Posez,Répondez aux questions,Poster un article,participez au forum!

https://www.facebook.com/webmasterelhadjomartall

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×